Enfin l'Afrique!

A bientôt Côte d'Ivoire

Ma mission en Côte d'Ivoire est maintenant terminée!

Le travail réalisé lors de cette mission:

 - Réalisation d'une plaquette d'information sur les 12 ONG du réseau (tirage à 1000 exemplaires)

La face avant:

 

La double page centrale:

 

Le dos:


- Organisation d'une formation Excel "gestion de base de donnée associatives"

Cette formation a eu lieu à Bouaké (centre CI) les 25, 26 et 27 Août à destination des leaders d'association.
J'ai préparé, organisé et animé la formation.

 


  - Site internet: collecte d'informations (organisation des rencontres à Abidjan, dans le Centre et dans le Nord, interview des responsables).

 

Le site de l'association PAIPS qui m'a reçu: www.paips.org

Je remercie:
- la société SII (www.sii.fr) qui m'emploie pour son soutien, financier notamment, dans mon projet,
- le CCFD et Nathalie DUPONT,
- l'Association PAIPS et son président Madi SOLO, les associations du réseau RAPROJECI et toutes les personnes qui m'ont reçu et aidé.

 

Suite à mon voyage, j'ai emménagé à Paris.
En effet j'habitais Aix en Provence depuis la fin de mes études!
Mais le virus de la bougeotte me reprend! L'Italie m'attire irrésistiblement depuis quelques semaines...



Publié à 16:04, le 29/05/2010,
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Elections en Côte d'Ivoire? Yako!


Le pays est en plein processus électoral. C'est prévu pour le 30 Novembre et cette date fatidique est l'objet de toutes les inquiétudes!

En effet une élection est censée représenter le choix du peuple, mais comment représenter le peuple quand de nombreux Ivoiriens n'ont même plus d'existence officielle?

Dans le Nord toutes les administrations ont été détruites, les archives dispersées! La moitié de la population n'a plus de papier. Beaucoup ont été déchirés par les policiers eux-mêmes lors des contrôles routiers, si vous n'aviez pas la bonne origine.

C'est pour ça que depuis quelques mois un processus est en cours: les audiences foraines. Il suffit de se présenter au bureau d'enregistrement avec deux "témoins" plus âgés que soi.

Un examen médical permet de vous donner un age approximatif. Ensuite un juge vous donnera des papiers sur la foi de votre déclaration...

Mais le processus est loin d'être terminé et à trois mois des élections les listes électorales ne sont toujours pas là, mais alors pas du tout !

 

PS : Yako signifie quelque chose comme « mon pauvre ».



Publié à 09:40, le 10/09/2008,
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Sur la piste d'un écrivain


En plein centre de la Côte d'Ivoire, un jeune agriculteur de Béoumi assiste à l'embrasement de son pays.

Celui-ci cultive ses quelques hectares qui lui permettent de vivre correctement. Malheureusement, la guerre éclate et il en sera victime sans comprendre ce qui lui arrive, comme beaucoup d'Ivoiriens à l'époque.

En effet, les rebelles arrivent, ils saccagent tout, menacent les gens, rackettent... Même se rendre au champ devient dangereux! De surcroît, il n'y a plus de débouchés commerciaux, les routes étant bloquées.

Notre héros est donc obligé de fuir son village en traversant le lac voisin, au milieu d'une cohorte de villageois obligés de tout quitter. C'était au plus fort de la crise.

Un certain nombre de ses amis l'aide à fuir, de proche en proche, et lui trace tout un itinéraire "bis" pour l'amener en sécurité à Abidjan.

A Abidjan, sans emplois, la vie est difficile aussi. La ville est très "mélangée", comme on dit. Beaucoup d'exactions, beaucoup d'insécurité.

Des jeunes patriotes qui s'en prennent à des supposés rebelles sur des prétextes futiles. A l'époque, demander sa route à Abidjan était dangereux! En effet si tu demande ta route, c'est que tu n'es pas du coin et donc potentiellement un Rebelle.

 

Cette histoire, je l'ai lue avant mon départ dans un livre intitulé "Le peuple n'aime pas le peuple" de Kouakou Gbahi Kouakou.

Une fois arrivé en Côte d'Ivoire, quel ne fut pas ma surprise d'avoir les héros du livre devant mes yeux!

Moi qui avais pris le bouquin pour une fiction, certes tirée de faits réels... Je m'aperçois que c'est largement autobiographique.

Lui-même était en Belgique au moment ou j'étais dans son village. Il est le fondateur d’une de nos associations partenaires.

Mais c'était amusant de rencontrer les personnes qui l'ont aidé à fuir, de rencontrer sa famille, de retrouver les lieux du livre...

 

Il est aussi étonnant de constater que ce livre, qui parle d’une partie de l’histoire personnel des gens que j’ai rencontré sur place, eh bien aucun de l’avait lu… Même pas sa famille. L’écrit ne fait pas partie des habitudes en Afrique. Tradition orale !

http://www.amazon.fr/peuple-naime-pas-dIvoire-guerre/dp/2070781585

http://www.amazon.fr/gp/product/2707147087/ref=sib_rdr_dp



Publié à 08:56, le 10/09/2008,
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Un homme se change en poisson

Plusieurs personnes poursuivent un voleur dans la forêt. Les villageois armés réussissent à l'acculer en haut d'une falaise, au bord du lac de Kossou. L'homme aux abois dérapent, hésite, et saute. On ne le retrouvera jamais. A mi-hauteur de sa chute, il avait déjà pris la forme d'un poisson.

C'est quelque chose qui arrive souvent en Afrique... Un homme peut aussi bien se changer en oiseau ou en cheval.

 

Mon ami Urbain me raconte l’histoire suivante. Il est rentré de France depuis 2 ans avec un moteur hydraulique, une grosse machine qu’il souhaite vendre ici.

Cette machine, pourtant fixée à un prix avantageux, ne se vend pas. Pourquoi ? Sans doute car elle est sous l'emprise de sa famille.

En effet, Urbain a passé 3 ans en France pour faire ses études agro. Ensuite il est rentré en Côte d’Ivoire, car son projet était d’être agriculteur ici, et de plus son visa expirait. 

Ici en Afrique, les gens tirent une grande fierté d’avoir un proche en Europe. Même dans l’illégalité ! Avoir un frère en Europe, c’est avoir une chance de partir soi même.

Sa famille est donc très contrariée à son égard, en particulier son grand frère.

 

C’est pourquoi Urbain s’est rendu chez un voyant, il a bien voulu m’expliquer comment ça s’est passé.

Il a tout d’abord écrit sur un papier le message suivant :

« Je ne comprend rien de ma vie depuis mon retour de France

J’aimerais comprendre

J'ai une relation conflictuelle avec mon aîné

J'ai quelque chose à vendre qui ne se vend pas »

Ensuite, le papier ainsi que ceux des autres participants ont été brûlés.

Les cendres ont été ajoutées à l’eau contenue dans une bouteille.

 

Sur le sol sont tracés plusieurs cercles concentriques. Urbain doit en faire 11 fois le tour.

Puis le voyant regarde Urbain à travers la bouteille. Au bout de quelques instants, le voyant l’appel calmement par son nom (qu’il n’avait pas mentionné jusque là) :

« Urbain ? Kouassi Urbain ? Tu es agro éleveur ?

Dit-moi, Qu'est ce qui se passe avec ton frère?

La chose que vous voulez vendre vous ne la vendrez pas.

Votre frère aîné a pris votre machine en sorcellerie.

La substance de la machine n'est pas là ou elle est, au dépôt vente, mais chez ton frère.

Ton destin est lié a celui de ton frère. »

 

Par la suite le voyant propose de l'exorciser : pour cela, il faut une photo du frère (pour rentrer en contact sur le plan métaphysique), 2 morceaux savon (enlève les impuretés et les ondes négatives), 1 couteau, 1 litre d'eau (l’eau possède un grand pouvoir) ainsi que 10000Fcfa (qui possède aussi un certain pouvoir!).

 

L'exorciste va entreprendre un travail pour libérer Urbain de l’emprise de son frère. Ce qui ne va pas manquer de contrarier le frère en question !

Le frère initié le saura et dira que cette emprise fait partie d'une doctrine familiale.

Le dialogue spirituel suivant aura lieu :

Le frère : « Es-te vous sur d'avoir d’avoir le pouvoir nécessaire? Vous entrer sur mon territoire mystique. »

L’exorciste : « Oui, mon ministère me demande d'offrir assistance à toute personne qui m’en fait la demande. »

 

Un combat métaphysique va donc s'engager. Ce combat ne sera pas forcément en faveur de l’exorciste : c’est un métier dangereux ! Un exorciste appartient à une école de mystère donnée et son degré d'initiation peut être moindre.

Un combat perdu sur le plan métaphysique peut se solder par la mort physique. Cette mort n’aura pas forcément lieu immédiatement, mais parfois peu après : arrêt cardiaque, maladie soudaine, accident…

Si l’exorciste estime que son adversaire est plus fort que lui, il peut négocier. Nous sommes en Afrique, non ??

Dans ce cas, l'exorciste accepte d'abandonner la partie en échange de nouveaux pouvoirs, transmis par le frère initié. Au détriment de l'exorcisé : son problème n’est pas réglé !

L'exorciste honnête quant à lui saura reconnaître auprès de son client que la confrérie familiale adverse est plus puissante...

Heureusement Urbain refuse d'aller à la cérémonie car c'est trop dangereux pour son frère. Les actes posés seront payés, peut-être dans une autre vie!

 

La cosmogonie Africaine est très riche et les croyances ont beaucoup d'influence sur les gens. C'est quelque chose qu'il faut garder en tête! Au travail par exemple, certains problèmes resteront incompréhenbles pour un Occidental... A moins d'avoir une grande compréhension de la culture Africaine (ce que je n'ai pas!).



Publié à 08:08, le 5/09/2008,
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Petit Reportage Photo sur….

La Spiruline !

Qu’est ce que la spiruline ?

C’est une algue qu’on consomme sous forme de poudre. Elle a de nombreuses propriétés nutritives et peut aider à lutter contre la malnutrition.

La ferme pédagogique de Tshanféto, qui fait parti du réseau d’associations RAPROJECI (dont fait aussi parti le PAIPS), cultive cette algue.

Monsieur Agbessi ainsi qu’un stagiaire de Tshanféto nous font une petite démonstration de la récolte.

 

 

La spiruline se présente sous forme de poudre qu’on peut ajouter sur n’importe quel plat. Ca a très bon goût!

 

 

L’algue pousse dans des bassins comme celui-ci. Monsieur Agbessi récupère les algues en surface du bassin.

 

 

Récupération du condensé de spiruline après filtrage.

 


Notre stagiaire prépare les intrants (bicarbonate de soude) afin de rendre le milieu basique.

 

On remue pour oxygéner et homogénéiser le milieu.


Mesure de l’opacité : Si le caoutchouc blanc disparaît à seulement 1 centimètre de profondeur, c’est l’heure de la récolte !

Conclusion : La spiruline constitue un apport nutritif complémentaire qu’on peut consommer au quotidien. L’algue est facile à produire et bon marché !



Publié à 07:01, le 5/09/2008,
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Afrique et Prostitution

Je vais sur le terrain avec deux membres du Mouvement du Nid, une association mondiale qui s'occupe de lutte contre la prostitution.
Nous sommes samedi matin 9h et nous partons... A la plage!
Aussi étonnant que cela puisse paraître il y a bien de la prostitution dès le matin et toute la journée sur certaines plages.
Les filles ont l'air de plagistes parfaitement normales, mais elles draguent les mecs et leur proposent de s'isoler dans des cabines en haut de la plage.

Nous rencontrons 3 filles très jeunes. Elles disent avoir 18 ans mais font nettement moins. Nous échangeons pendant une heure avec elles. Elles parlent peu de leur activité, mais plutôt de ce qu'elles souhaitent faire comme formation, comme métier (couture, coiffure, pâtisserie etc)...
L'une des trois jeunes filles est beaucoup plus à l'aise que les autres avec nous. C'est étonnant car elle fait des études de pâtisserie, a été à l'école... Pourquoi se prostitue t-elle alors? Pour payer ses études! Elle est actuellement brouillée avec ses parents et souhaite se débrouiller toute seule... 

La prostitution est très présente en Côte d'Ivoire, surtout depuis la guerre. Elle prend plein de formes différentes, celle qu'on connaît sur le trottoir, mais aussi de la prostitution dans les bars, de la prostitution occasionnelle, des filles qui se font entretenir par plusieurs hommes à la fois etc...

Pour leur venir en aide, l'association leur propose par exemple de financer leur formation. En tout cas c'est un travail difficile qu'il font, Il faut une grosse connaissance du terrain pour pouvoir les approcher: elles sont très susceptibles!
Il faudra en tout cas leur donner quelque chose pour compenser le manque à gagner occasionné par la durée de l'entretien.

Pour avoir un entretien avec les filles, Il faut également l'autorisation de leur proxénète bien sur. Le travail de l'association ne va pas forcément dans leur sens: ils essayent de sortir les filles du milieu. Il est donc probable qu'il y ait un arrangement avec celui-ci pour obtenir son consentement. Avoir une bonne relation avec le proxénète permet aussi de garantir nos propre conditions de sécurité (en tout cas, on ne peut pas rester trop tard sur les lieux de prostitution: passé une certaine heure, il faut partir).

Ce qui est dramatique, c'est la banalisation de la prostitution. Les filles ne se considèrent pas comme des  "prostituées", on parle plutôt de "Professionelles du Sexe" (PS).
En Côte d'Ivoire, beaucoup de filles et de garçons pratiquent ce genre d'activité, parfois de manière occasionnel. Par exemple, de nombreuses étudiantes se prostituent (voir mon article sur les conditions de travail à l'Université d'Abidjan "Machettages à l'Université"). Il y a aussi des garçons qui se prostituent, mais les clients sont, pratiquement toujours, des hommes.

Une autre association, l'ASAPSU, s'occupe de l'aspect Santé de la prostitution. Dans le centre que j'ai visité à Yamoussoukro, ils proposent des consultations gratuites et spécialisées pour les PS. Le SIDA est évidement une préoccupation majeure: dans certaines zones de la Côte d'Ivoire, le taux de prévalence atteint les 20%! Il est également significatif qu'un ministère ait été créé pour s'occuper de la question: le "Ministère de la lutte contre le SIDA"...
L'utilisation du préservatif est bien sùr préconisé. Cependant, certaines PS qui disent l'utiliser reviennent, d'une séance à l'autre, avec le virus! Le problème vient en fait du partenaire régulier, la seule personne avec laquelle la PS ne prend pas de précautions. C'est pour cela que les consultations sont élargies aux partenaires de PS et aussi à leurs enfants.



Publié à 12:50, le 22/08/2008,
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Gros Poulet et moi

Toutes les nuits, c'est la même chose.
Je m'avance vers l'arbre... Il est là.
Il me regarde...
Il m'observe...
Nous nous évaluons pendant de longues minutes... Et le combat commence.
Je secoue l'arbre avec force, Gros Poulet tombe au sol en hurlant.
Il s'élance sous l'appatam, je le suit, toutes griffes dehors. Il se cogne aux murs, je crois pouvoir l'attraper, mais il m'échappe! Il se cache dans un trou derrière la maison, cette fois je vais l'avoir! Mais au moment ou je vais le saisir, il me fonce entre les jambes et m'échappe encore!
Il file droit, saute par dessus le tas d'ordures... C'est fini, il a gagné pour ce soir.
A demain Gros Poulet... Toutes les nuits, c'est la même chose...

C'est grave Docteur??

 

Il m'énerve ce poulet il m'énerve!! Toutes les nuits, il est là dans son arbre à deux mètres de mes fenêtres et il chante avec un force considérable à 4h, 5h, 6h et 7h du matin!



Publié à 03:23, le 18/08/2008,
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Voyage en zone rebelle!

Petit résumé de mon voyage d'une semaine dans le Nord (en Français de Marseille): Autocar pendant 8 heures assis sur une planche en bois, suivit d'une soirée folle jusqu'a 3 heures du matin et levé à 7 heures le lendemain pour travailler avec les associations!!

Pour ma mission, je doit collecter des informations sur toutes les associations du réseau. Certaines sont basées dans le Centre de la Côte d'Ivoire (à Bouaké et Béoumi) et d'autres dans le Nord (à Korhogo). Je pars donc avec Benoît, un ingénieur agro de Tshanféto qui fait parti du réseau d'associations pour lequel je travaille.

J'ai beaucoup apprécié Korhogo, une vrai ville Africaine avec des gens sympathiques et beaucoup de motos.

J'interview les responsables d'associations, puis nous partons en brousse pour visiter quelques villages Sénoufo!

Notre partenaire mène par exemple des actions en faveur des enfants bouviers (voir photo).

Ce sont des enfants (dans les 10 ans) qui ne vont pas à l'école mais mènent les boeufs au champs.

Entre midi et quatre heures, il fait trop chaud et on ne peut pas travailler... Les boeufs paissent tranquillement, tandis que les enfants sont livrés à eux-mêmes!

Pour se nourrir, ils creusent des trous, grimpent aux arbres... Beaucoup d'accidents ont lieu.

A leur intention, l'association organise des cours pendant les heures chaudes, sur leur lieu de travail.

Le formateur et les enfants s'installent sous les arbres, une collation leur est offerte (avec l'aide du Programme Alimentaire Mondial), et c'est parti pour les cours!

 

Sur Bouaké, nous partons avec une des associations pour suivre leur activité. Il s'agit d'une distribution d'engrais et de semences à des agriculteurs en difficulté. Le responsable

de l'association me précise qu'il faudra bien suivre les paysans pour que les sacs soient correctement utilisés et non revendus!

Nous avons une entrevue avec le Maire de la commune de Katiola (non loin de Bouaké) dans son immense bureau. Nous le remercions car il a mis à disposition un local de la Mairie pour entreposer les sacs de semences. Celui-ci s'exclame: "He! Mais je suis agriculteur moi aussi! J'ai plusieurs hectares à cultiver! Il faut m'aider! Remettez-moi un sac de semence en même temps."... Les membres de l'association, génés, tentent d'esquiver la demande, car le Maire a déjà reçu son "cadeau".

A Bouaké on sent que les gens sont marqués par la guerre. On me raconte que l'électricité a été coupée pendant 10 jours, la ville plongée dans le noir, des tirs toute la nuit, rien à manger...
Bouaké a vraiment souffert, c'est une ville stratégique situé à la frontière entre le Nord rebelle et le Sud patriote.
Un double corridor est installé aux sorties Nord et Sud de la ville, à la seule fin de racketter les voyageurs au profit des Forces Nouvelles (les rebelles). Nous payons comme tout le monde les 1200 Fcfa nécessaires pour continuer notre route.
Ca ne nous empèche pas de sortir (comme tous les jours...) et de faire la fête!


L'heure est à la réunification du pays. Le gouvernement de Gbagbo a "embauché" le chef des rebelles, Guillaume Soro, qui est maintenant Premier Ministre. Du coup, les ex-combattant des Forces Nouvelles, souvent jeunes et illetrés, se retrouvent sans emplois. Il n'ont pas de formation, ne savent rien faire... Ils contituent une population à risque et des remous ont lieux dans certaines zones du pays! De nombreux projets sont formulés par les associations à leur intention pour les requalifier.



Publié à 06:34, le 11/08/2008,
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Attaque de Tshanféto

Note à l'attention de mes proches: cet article et le suivant concerne des violences ayant eu lieu en Côte d'Ivoire pendant la guerre. Celle-ci est maintenant finie, ces violences ne sont plus d'actualité... Rassurez-vous, je n'ai jamais constaté aucune agressivité à mon égard! De plus, je prend les précautions nécessaires (évitez certains quartiers la nuit etc...). Grosses bises!

Les frères qui m'hébergent restent traumatisé par l'attaque qu'ils ont subis en 2006.

Lorsque je suis arrivé à Tshanféto, j'ai été étonné de voir l'énorme porte blindée avec trois verrous qui protège les dortoirs...

En 2006, la communauté n'était pas aussi bien protégée. Une nuit, des bandits se sont infiltrés dans le parc qui entoure les batiments.

Le gardien, qui était seul alors, les a vu et a filé se cacher pour appeler la police. Malheureusement il a été repéré et s'est fait tabasser et trainer dans un caniveau. Tous les pères et le frères de la communauté ont été "sortis" de leurs chambres, puis attachés et volés.

La police est arrivée bien plus tard...

A l'heure actuelle, en plus des portes blindées la communauté est protégée par un mur d'enceinte, trois gardiens et trois chiens...

 



Publié à 06:34, le 11/08/2008,
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Machettages à l'Université et autres joyeusetés

La scène m'est racontée par un jeune frère de Tshanféto.

Il était en amphi quand soudain des cris retentissent, et des hommes débarquent en plein cours, armés de machettes!

Panique... Les hommes se postent près des portes, filtrant les étudiants qui cherchent à sortir le plus rapidement possible.

Ils sont venus pour éliminer un opposant politique parmi les étudiants. A son passage au milieu des étudiants, les coups de machettes pleuvent...

L'étudiant assassiné est supposé faire parti des rebelles, ses assaillants font partis de la FESCI, la Fédération Estudiantine et Scolaire de Côte d'Ivoire, un syndicat violent et hautement politisé à la solde du président Gbagbo.

A cette époque, les étudiants s'achètent des baskets pour pouvoir fuir plus rapidement...

La FESCI fait la loi à l'Université, ils contrôlent les cités U. Les militants sont mêmes regroupés dans le même bâtiment.

Des violences avaient lieu régulièrement, que se soient des raids anti "rebelles" ou anti "patriotes". Elles ne sont, heureusement, plus d'actualité aujourd'hui.

 

Les gens sont très politisés en Côte d'Ivoire. Par exemple j'apprend avec surprise que lors d'une manifestation pro-Gbagbo, les participants sont rémunérés par le parti du Président (FPI)!! Argent et Pouvoir sont très liés en Afrique, ça n'est pas une surprise...

 

Plusieurs personnes m'ont dit qu'ils ont été profondément choqués par les actions des Français pendant la guerre.

Des images ont fait le tour de l'Afrique: des hélicoptères Français tirant des obus en rafales sur la foule Ivoirienne!

C'était en 2003-2004. Les médias Français se sont bien gardés de relayer l'information, toute la bande passante était occupée par l'Irak...

 

http://fr.wikipedia.org/wiki/Crise_politico-militaire_en_C%C3%B4te_d%27Ivoire

http://www.rfi.fr/actufr/articles/059/article_32141.asp



Publié à 06:30, le 11/08/2008,
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Musique


Les Africains aiment les grosses fesses! C'est dailleurs le titre d'une chanson très à la mode: le Bobaraba! De Bobara: les fesses et Ba: Gros!
Ca se danse en agitant les fesses, bien sur...
Il y a aussi le zouglou et le couper-décaler: du Nouchi couper: voler, arnaquer et décaler: prendre la fuite!
On les trouve facilement sur YouTube.
Sinon Abidjan est la troisième scène Reggea du Monde! Alpha Blondy, Tiken Jah Fakoly... Tous les grands artistes passent là-bas.
On entend aussi beaucoup de rock n'roll super péchu à la gloire de Dieu! Dieu est mon Sauveur, Oooh Yeahhh!! Alleluia mon Frère!!


 

Sur la photo, on voit un Balafon, superbe instrument du Nord. C'est fait à l'aide d'un bois spécial et de calebasses comme caisses de résonance.  

 

 

 

  

Le balafonniste en plein travail ici est très réputé dans la région de Korhogo (dans le Nord). 

 

 

 

 

 

 

 

 



Publié à 05:39, le 11/08/2008,
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Conversation

Jeunes MESAD
Les jeunes d'Abidjan parlent Nouchi. C'est un dérivé du Français avec beaucoup de mots qui viennent des langues locales et de l'Anglais. Tout ça est malaxé et fait du Nouchi une langue très dynamique: Même les gens du coin ne comprennent pas toujours.

Mais même en dehors du Nouchi, j'ai mis au moins un mois à seulement commencer à être à l'aise dans les conversations... Tout change: l'accent, la tournure des phrases, le vocabulaire, les expressions... De plus les Africains suppriment beaucoup d'articles dans leur phrases.

Quelques exemples:

Tu as envoyé ton ordinateur matin? = Tu as pris ton ordinateur avec toi ce matin?

Question: Tu as bien travaillé?
Réponse: Ouh! Mal même! (=Oui j'ai bien travaillé)

En rencontrant quelqu'un qu'on a pas vu depuis longtemps: "Ca fait deux jours!"

On dit quoi? : Ca va? (très fréquent)
Gbangban: bruit, bordel
S'enjailler: s'exciter, devenir joyeux (de l'Anglais enjoy)
Boucantier: frimeur (de "boucant")
Faroter: Frimer
Gaou: péquenot
Go: fille (de girl?)
Ya drap: ya un soucis
Quitte-là !: dégage !
Faire un atalakon : faire l'éloge
Kpata-kpata: jolie (pour une fille)
Je me cherche: J'ai pas de taf, je me débrouille comme je peux
Gnanyi : femme d'un certain age qui cherche les jeunes gars 

Mouille ma barbe: il faut donner un backchiche
Parlez Français: idem!
Fait on va faire: idem!
On va se voir a coté: idem!
Il faut mettre un cahier sur votre dossier pour ne pas qu'il s'envole: idem!!

côcô: parasite, par ex: "Tu vient me côcô mes bières?"
se faire iérer: se faire arnaquer




Publié à 12:54, le 24/07/2008, Abidjan
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Vu sur la route:

- des nuages de fumée opaque derrière la plupart des véhicules
- des entreprises de lavage de vêtements qui lave ça dans des mares boueuses et font sécher sur l'herbe le long des voies rapides (voir photo)
- des trous de 50cm de profondeur qui crééent des embouteillages monstres
- la route à travers le plancher d'un wôrô-wôrô (taxi collectif)
- des montagnes de détritus partout, partout
- des vendeurs qui vendent absolument tout à l'unité
- une foule de spectateurs qui observent un véhicule fraichement tombé dans un ravin
- un code de la route innovant: priorité au plus courageux!
- beaucoup de "France-au-revoir", des véhicules absolument en fin de course en France qui viennent en Afrique doubler ou tripler le chiffre de leur compteur.

 

 

 

 

 

 

Sur la route, on voit beaucoup d'accidents. Par exemple pendant mon voyage dans le Nord, j'ai vu au moins 4 gros gros camions renversés.
Ce sont des camions qui viennent du Nigeria, du Burkina... Qui sont chargés au double de leur capacité max, sur des hauteurs considérables.
Le poids étant situé très haut, à la moindre manoeuvre un peu brusque ils se renversent! Il est notamment très dangeureux de rester derrière eux dans une montée, car certains n'ont pas la puissance nécessaire... Ils finissent par s'arrêter et repartent en arrière! La remorque se met en travers et c'est la chute assurée, tant pis pour ceux qui sont dessous.

 



Publié à 12:34, le 24/07/2008,
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Abidjan by night

Rue Princesse

Nous sortons avec le Père Barnabé ce soir!!
Je doit dabord vous présenter Barnabé. Il a récemment fait ses études d'ingénieur agro dans la région de Toulouse où il a beaucoup fait la chouille et beaucoup mangé de canards. Il est très sympathique.
Il est actuellement responsable dans la confrérie.
La soirée se passe sans problèmes, on mange dans un maquis le poisson braisé et l'atiéké.
On va ensuite d'une boite à l'autre, on est fouka-fouka (en forme)!
Le DJ scande régulièrement "Avec la présence de monsieur Corentin... Ingénieur international"... Il répète aussi "Le Président Obama"...

Le retour sera plus problématique. On a "duré" un peu comme on dit, il est minuit passé et le "corridor" est fermé.
Le corridor c'est la route qui mène à la confrérie, qui est barrée par des policiers.
On tente le coup quand même.
Le policier me demande mon passeport, ma carte de vaccination que je n'ai pas sur moi bien sur!
Je suis dans un état d'ébriété avancé, la soirée a été très arrosée...
Le type nous demande de sortir de voiture et de venir au "poste" à quelques mètres de là où le chef est assis derrière une table. Des militaires dorment sur des bancs. On commence à palabrer.
C'est alors que Barnabé va nous monter un gros gros bobard!
Il explique que je suis prêtre tout juste débarqué de France. Les bagages se sont fait attendre, c'est pourquoi on est en retard.
Pour expliquer que je n'ai pas mon carnet de vaccination sur moi, il dit que le reste du groupe est déjà passé plus tôt, c'est eux qui ont mes documents.
Je vis tout cela dans une sorte d'état second, à moitié joyeux, à moitié paniqué.
Au bout d'un moment le chef nous laissera passer!

A mon avis, le chef n'était pas dupe, comment aurait-il pu? C'était pas difficile de voir que j'arrivai à peine à mettre un pied devant l'autre.
Pas difficile non plus de savoir que je n'étais pas prêtre. Mais il a été gentil.



Publié à 12:22, le 24/07/2008,
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Nourriture

On mange avec la main (droite) ici comme dans toute la sous-région... Mais manger avec la main ne veux pas dire manger salement! En tout cas j'ai besoin d'entrainement: j'en fous encore partout!

  

 

 Les plats les plus commun ici dans la région des lagunes:
Atiéké: semoule de manioc
Aloko: Banane frite (sur la photo avec de l'atiéké et du poulet)
Garba: thon frit et atiéké
Atiéké et poisson braisé
Tchep: riz et poisson
Foutou: banane ou igname + manioc
Banane braisée

Viandes de brousse: Agouti (gros rat), pangolin, hérisson...
Bon du rat, j'en ai mangé (plusieurs fois même)... C'est pas franchement dégueulasse, mais ça sent Fooooort!!!
Et puis, ça a une sale gueule de rat!!



Publié à 04:23, le 24/07/2008,
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Arrivée


Les présentations sont faites à l'ONG PAIPS où je travaillerais pendant près de trois mois!
Je rencontre Madi Solo le président, très sympatique et dynamique!
Je rencontre aussi les salariés de l'association Ben, Karine, Waliou, Ahou...
Madi m'explique ma tâche et détail un peu le réseau d'associations, basées sur Abidjan, Yamoussoukro, Bouaké, Béoumi et Korhogo.
Les mots-clefs sont: Patience, Ecoute, Patience!

 

Je loge pendant quelques temps dans une confrérie à la campagne pas loin d'Abijdan, nommée Tshanféto (prononcez tianféto). Que mon hébergement soit chez les religieux est un fait qui a beaucoup rassuré ma copine!!

C'est aussi un centre de formation agricole, il font notamment des lapins, des cailles, des porcs, de l'hévéa, divers légumes, de la spiruline...




Publié à 06:02, le 23/07/2008,
Mots clefs :


Sur la route d'Abidjan

 3h11... Peut-être que si je déplace légerement mon bassin, la pression sera moins forte sur mon omoplate...
J'ai mal partout... Ce banc est décidément très dur!
Quelle bonne idée de faire escale à Dakar! Le premier avion Paris-Dakar était arrivé à 22h, le départ pour Bamako puis Abidjan était prévu pour 8h30. A bord du premier avion, le personnel promet aux quelques "transitaires" comme moi un hotel confortable, qui se réduira finalement à un banc métallique dans l'aéroport Sedar Sengor...
Je rencontre Douada, qui veillera avec moi ainsi que Christine et ses deux enfants.
J'ai connu plusieurs péripéties administratives à l'aéroport (inquiétude sur les bagages, mauvais billet...). Le personnel de l'aéroport est disons... nonchalant!
Péripéties qui m'ont fait passer douanes, polices plusieurs fois, dans un sens, dans l'autre... Comme quoi ce n'est pas un problème!
Je suis même passé derrière la gérite discrétos au troisième passage. Heureusement que les autorités ne relisent absolument pas les papiers d'immigration car ils s'appercevraient que je suis entré deux fois consécutivement au Sénégal!
Plus tard un policier nous demandera gentiement de dégager la zone de transit car ce n'est pas un dortoir et qu'il y a des hotels.
Cela a donné lieu à d'infinies palabres, avec forces anecdotes tiré de l'expérience des uns et des autres. L'officier s'assoit avec nous, plaisante un bon moment puis s'en va en "oubliant" l'objet de sa requète.
4h58... Bon je vais essayer de dormir encore un peu...
7h48... La nuit se termine enfin, l'embarquement est proche. Une douche pitié!!
8h30... Décollage pour Bamako et atterrisage qui me stresse toujours sur ces pistes Africaines beaucoup trop courtes à mon gout.
10h30... Redécollage... Raté! Après avoir mis pleine puissante et pris un peu de vitesse, le chauffeur freine brusquement et annonce qu'il y a un petit soucis!
Il va falloir rentrer au parking dit-il... Lors du tour de piste, on l'entend faire ronfler ses moteurs tout en maintenant le frein.
Le résultat a l'air de lui convenir puisqu'il annonce que finalement on va décoller.



Publié à 05:26, le 22/07/2008,
Mots clefs : transitavionaeroport


Qui suis-je ?

3 mois en Côte d'Ivoire ! Je suis Ingénieur en Informatique, je travaille bénévolement pour un réseau d'associations qui aide les jeunes : enfants des rues, handicapés, prostituées…

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